Marie-Paule GEORGELIN:
"Je pars sur le terrain avec mon coeur"
L’ECHO-REGIONAL : Marie Paule Georgelin, alors que vous vous
présentez comme candidate à l’élection législative sur la sixième
circonscription, comment analysez-vous le rapport de force qui s’est établi
après l’élection de Nicolas Sarkosy comme président de la
République ?
Marie Paule
Georgelin : La majorité des français a
souhaité un changement. Ces élections ont effectivement porté Nicolas Sarkosy au
pouvoir. Maintenant que le verdict est tombé, il faut se soumettre au message
des urnes. Je soutiens Ségolène Royale depuis le début. Mais elle n’a pas pu ou
su convaincre les électeurs de François Bayrou qui auraient pu nous faire
gagner.
Quels
sont alors les enjeux pour vous ?
MPG: Mon principal enjeu est de rendre plus digne le quotidien des
habitants de la circonscription. Je suis directrice d’une école élémentaire de
Montmagny. Je suis donc une personne de terrain qui connaît bien les problèmes
de précarité et d’emploi. Je suis issue du peuple. Une petite candidate qui fait
partie du vivier des gens qui travaillent. Les familles me parlent de leurs
difficultés. Je m’aperçois que dans l’école d’aujourd’hui, il n’y a pas les
moyens qui sont à la hauteur d’une véritable égalité des chances. Je veux
m’impliquer dans le domaine de l’éducation car les enfants sont notre avenir. Je
me démène pour frapper à toutes les portes et ainsi trouver des solutions aux
problèmes de logements et d’accès aux soins. L’insécurité doit baisser avec
d’autres moyens que le vidéosurveillance. Je préfère une police de proximité ou
de médiation. Je compte également me pencher sur les nuisances aériennes et
améliorer le transport public.
Expliquez-nous comment
vous menez campagne pour l’élection législative qui
s’approche ?
MPG: Nous organisons des distributions de tracts et des réunions
d’appartements. Là on peut rencontrer les habitants et être à leur écoute. Je
suis directrice à Montmagny depuis trente ans et j’ai rarement vu le député
venir à ma rencontre. J’aimerai changer ce côté de la politique. Un mandat c’est
long. On a la charge de tous les citoyens. J’irai voir ceux qui vivent sur le
terrain. Je me sens proche d’eux grâce aux parents que je côtoie chaque jour.
L’école est un observatoire privilégié. Je ne fais pas profession de foi du haut
d’un bureau. Je vois les gens en attente et j’ai envie de les aider. Trois
réunions publiques sont prévues à Montmagny, Saint-Gratien, et Sannois, les 30
mai, 2 et 8 juin.
Que
pensez-vous de François Scellier, le président du Conseil général et candidat
UMP ?
MPG: Il n’y a pas de bataille perdue d’avance. Tous les parents portent leurs espoirs en moi. Je suis connue à Montmagny et tous sont fous de joie de me voir candidate. Bien sûr ce sera difficile. Mais si on arrive à une triangulaire, pourquoi pas ? Je garde espoir et ne me démoralise pas. Je n’ai pas grand-chose à dire sur mon adversaire. François Scellier a eu plusieurs mandats. Pour autant, il ne sera pas plus sur le terrain que moi. J’ai peu de relation avec lui. En tant que député sortant, j’aurai aimer le rencontrer dans notre école. Par rapport à lui, je suis défavorisée car j’ai peu de moyens et aucun mandat à mon actif. Ses moyens pour mener campagne sont un atout pour lui. Mais je pars avec mon cœur et mes valeurs. Je pars avec mon envie d’aider les autres. Si je suis élue, je démissionnerai pour me consacrer, pleinement à mon mandat.
Les propos de l’article
reproduit ci-dessus ont été recueillis par Caroline MONTSARRAT